Point d’étape

Le temps passe et les choses s’apaisent, se clarifient. Petit point d’étape..

Comme d’habitude, le temps passe à une vitesse folle, j’étais en train de me battre contre un été « pourri », et me voici dans l’automne, avec son côté nostalgique, les premiers froids, les enfants qui parlent des prochaines vacances…

Même si le sommeil continue à en pâtir un peu, j’apprécie de plus en plus ces matins où je peux prendre le temps de me retrouver, penser au calme et chercher à ne pas faire les choses n’importe comment. J’avais envie ce matin de faire avec moi-même un petit point d’étape, prendre conscience de comment ont évolué les choses.

Ca fait un moment que je me dis en recherche d’un équilibre, d’une prise de conscience de ce que je suis, de ce que je veux, et des moyens que j’ai pour pouvoir avancer de manière stable, sur des bases qui ne soient pas, pour une fois, bricolées à la dernière minute. Simplement prendre le temps de laisser les choses se (re)faire n’était pas habituel pour moi, mais je m’aperçois chaque jour un peu plus du bien que cela m’apporte.

Les angoisses et sentiments de panique ne sont plus là. Les soucis de santé que j’ai pu avoir il y a quelques jours m’ont donné, mine de rien, une belle leçon de vie. J’ai sans doute vécu les choses, de par ma peur viscérale de la maladie, de manière amplifiée, mais la prise de conscience de ce que pouvait être la mort, la possibilité de perdre ce qu’on a et ses proches, fait radicalement changer les points de vue. C’est vraiment un outil puissant pour voir en accéléré ce qui compte vraiment pour soi, de faire le tri entre l’important et ce qu’on s’est imposé soi même à tort tout au long de sa vie.

La principale leçon depuis ces derniers mois, est, j’ai l’impression, d’avoir appris à lâcher prise, sans l’associer à un fort sentiment de culpabilité. « A chaque jour suffit sa peine » disait ma grand-mère, et je vois aujourd’hui concrètement que le meilleur moyen de ne pas avoir le sol qui se dérobe sous ses pas, de ne pas avoir l’impression de ne plus arriver à assumer la voie qu’on a suivi, est encore de ne pas chercher à avoir tout le poids du monde sur ses épaules. Je ne peux pas tout contrôler. Quelque part, je suis conscient de ça depuis déjà quelques temps, mais le fait d’en ressentir les effets concrets au quotidien fait du bien et rassure.

En résumé, je distingue clairement ma ligne d’horizon, et je me sens avancer vers elle de manière plus légère et solide, avec une paix intérieure que je ne me connaissais pas. Je prend goût à apprécier les petites choses de la vie, les rencontres et échanges sans enjeux mais tellement enrichissants, les petits pas qui vont dans la bonne direction. Je n’ai pas perdu de vue mes fondamentaux, cette clarification me les fait voir au contraire bien plus distinctement, et sans angoisse. Prendre du temps pour mes enfants. Penser toujours aussi fort à mon amour, voir l’horizon s’éclaircir, et me dire que si je continue à respecter le travail du temps, les choses se feront.

Lire beaucoup, écrire tous les jours, s’éloigner des réseaux sociaux et privilégier les rapports humains. Penser à soi, à respecter son corps et son âme. J’ai l’impression d’aligner les lieux communs, et pourtant c’est cette recette, qui était depuis toujours à portée de main, qui est mon moteur pour me relever aujourd’hui.

Tout n’est pas rose et le quotidien n’est pas toujours facile. Je me sens fragile, mais moi-même. Un proche m’a fait part de sa surprise à me « ressentir » très différent, et pourtant à me « ressembler » bien plus qu’avant. C’était le plus bel encouragement que je pouvais recevoir.

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