J’ai essayé la Prius !

J’avais noté dans un billet précédent mon paradoxe entre une fibre écolo -certes un peu passive-, et le fait que j’utilisais au quotidien une voiture plutôt extrêmement consommatrice en CO2 (qui, je le rappelle, n’est pas le plus représentatif des chiffres côté pollution), un gros V6 essence (qui par ailleurs consomme autant qu’il est agréable à conduire 🙂 )

Toutefois, une réforme récente incite très fortement à utiliser pour des véhicules d’entreprise des voitures peu consommatrices en CO2, avec une taxe (la TVS) qui augmente de manière exponentielle avec ce taux.

Bien sûr, comme tout Français qui se respecte, mon premier réflexe a été de râler contre cette nouvelle taxe, mais à la réflexion, ça m’a quand même permis de réfléchir à l’intérêt de ce genre de démarches fortement incitatives ; je me suis donc un peu plus penché sur le petit monde des voitures dites « propres » (ça m’a d’ailleurs donné des idées de site Web, à suivre….)

Tant qu’à aller aux extrêmes, je me suis décidé à tester la Prius de chez Toyota, un des rares exemples commercialisés de voiture « hybride », fonctionnant à la fois à l’essence et à l’électricité, le premier moteur rechargeant le deuxième, évitant tout l’aspect recharge des voitures tout-électrique.

Après avoir pris rendez vous auprès du concessionnaire Toyota du coin (que je connais bien, puisque j’ai déjà possédé une Yaris TS, et une Celica TS, qui sont de deux mes meilleurs souvenirs automobiles 🙂 ), j’ai donc pu tester la bête, qui est plutôt rare sur nos contrées mais apparemment très populaire aux US.

Premier constat : pourquoi les rares voitures hybrides sont elles des modèles particuliers, et pas des adaptations de modèles classiques ? J’aurai pour ma part, en tant que voiture « familiale », pouvoir conduire une Corolla Verso, ou ce genre de trucs, en hybride, mais bon, il faut se rabattre sur un modèle spécifique, qui plus est pas particulierement élégant, sorte de berline 2 volumes plutôt massive.

Une fois à l’intérieur, on retrouve un univers très « plastique », à la Toyota, bien sûr moins agréable que le cuir de mon Audi, mais pas inélégant. Un tableau de bord très « futuriste », sans cadran, mais avec un affichage digital de la vitesse, et surtout un grand écran tronant au milieu du tableau de bord.

La voiture est suréquipée, Bluetooth, GPS, système audio, on est clairement à bord d’une vitrine technologique pour le constructeur.

On démarre en appuyant sur un bouton, surprise, on entend un bruit de moteur ! Eh oui, la Prius peut démarrer en mode tout électrique… à condition que la batterie soit chargée ! Sinon, le cliché du « tout silencieux » en prend un coup.

Premiers tours de roue, ça se conduit très facilement, avec une boîte auto qui fonctionne comme un variateur, ce qui donne un bruit de moteur moulinant à haut régime pas très agréable dès qu’on accélère un peu, en revanche dès que l’on relâche l’accélérateur tout est très silencieux. L’écran du milieu s’active, montrant de manière graphique comment la batterie se recharge. Grosso modo, la charge s’effectue en captant l’énergie du moteur thermique lorsque l’on décélère, ce qui a pour conséquence immédiate de ne plus avoir de frein moteur ! C’est la principale différence avec une voiture classique, au volant. Et ça explique aussi pourquoi on ne peut pas tracter de caravane avec ces voitures hybrides.

Côté performances, il ne faut certainement pas s’attendre à un bolide de course, avec un petit 1,4l sous le capot. Toutefois, la voiture n’est pas prise en défaut y compris sur autoroute, elle accélère de manière très linéaire, avec un bruit moteur pas très agréable, mais au final la voiture n’est pas désagréable du tout à conduire, tout est doux, feutré, et incite à une conduite coulée et reposante.

Le vrai choc est lorsque l’on s’arrête au feu rouge : le moteur « classique » s’arrête au bout de quelques secondes, nous laissant dans un silence total, et, il faut bien le dire, une angoisse du « va t’on pouvoir redémarrer » : mes enfants ont d’ailleurs pris peur, style « papa, on est en panne?? », c’est vraiment très perturbant au début. Et pourtant, au redémarrage, tout se passe bien, le moteur électrique permet de faire les premiers tours de roue, puis le moteur classique redémarre et tout s’enclenche, automatiquement, en douceur.

Il est possible de rouler en « tout électrique », mais finalement ce mode est relativement anecdotique, car l’autonomie n’est que de 2km, et on ne peut rouler qu’à 50km/h maxi. Utile toutefois en ville, pour éviter une pollution sonore inutile dans des embouteillages.

Côté consommation en carburant, les économies sont apparemment là, avec une conso de 4 à 6l aux 100kms, et la consommation en CO2 plafonne à 102g/km, à comparer aux 180 et + des berlines familiales classiques.

Alors, convaincu ? Pas tout à fait. Mon principal regret, je l’ai déjà dit, concerne la voiture en elle même, que je trouve peu élégante et bien moins pratique qu’un monospace classique. Et puis il faut bien admettre que tout ça n’est pas bien marrant à conduire, même si le rôle premier d’une automobile n’est pas de se « marrer » au volant ;). Le système d’extinction du moteur à l’arrêt est toutefois très sympa, Citroën propose d’ailleurs des voitures qui fonctionne comme ceci, un grand plus a mon avis pour le « bruit » en ville.

Et puis je passerai sous silence la prestation commerciale du revendeur, qui m’a proposé un chiffre de reprise proprement risible pour mon Audi (je sais qu’elle n’est pas très vendeuse en ces périodes de pétrole qui flambe, mais quand même !!), et a refusé catégoriquement d’entrer dans une quelconque discussion sur le prix de la voiture : faut dire qu’elle est en rupture de stock en permanence… Bref, pas de Prius pour moi !

Ca m’a toutefois donné des idées pour la suite… A suivre !

2 Comments

  1. Répondre
    jathenais 9 mai 2006

    va faire un tour chez honda 😉

  2. Répondre
    jdo 9 mai 2006

    vivi j’ai vu la Honda hybride aussi, toute aussi laide, mais ptet plus "négociable" !

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