Paniers

Juste un petit instant de vie…

Je rentrais du travail, l’esprit pollué par toutes ces sources de stress, de tension, de cogitation. Sur la route, je me souviens que le jeudi, c’est « jour des légumes », le jour où je passe dans un village voisin récupérer auprès de l’AMAP du coin mes légumes de la semaine.

L’AMAP, c’est une association regroupant des petits producteurs locaux, et qui propose de souscrire à un abonnement, chaque semaine des légumes, du fromage, du pain, et quelques autres produits. L’assurance pour le consommateur d’avoir des produits ultra frais, et pour le producteur de pouvoir maîtriser à l’avance les quantités de sa production, tout en vendant « en direct ».

D’habitude, j’y vais le soir, avec Hugo qui aime bien cette ambiance détendue et conviviale. Mais cette fois-ci, il était trop tôt. Tant pis, plutôt que de rentrer à la maison, j’y vais quand même.

J’arrive au moment où les cagettes de légumes sont encore pleine, et où il faut constituer les paniers. Je suis tout de suis embrigadé par la joyeuse troupe de volontaires qui prépare tout ça.

1kg de pommes de terre. 500g de carottes. 600g de rutabaga… (damned, comment vais-je cuisiner ce truc !). Les mains enchainent les gestes vite devenus machinaux, entre la pesée et les paniers. Passer la main dans le tas de légumes, sélectionner les plus beaux, ajuster le poids… Pour peu, on se croirait dans un texte de Philippe Delerm.

Au bout de quelques minutes, malgré mes habits, je ne suis plus dans le rôle que j’ai eu dans la journée. Je me retrouve dans un contexte tout autre, à m’amuser de la moindre carotte qui roule par terre, à papoter avec mes complices d’un instant.

Quand je suis sorti de là, une heure plus tard, j’ai réalisé à quel point mon esprit s’était vidé. A occuper mes mains à tout autre chose, à exécuter des tâches toutes simples mais où je me sentais pleinement utile et rendant directement un service, je me suis transporté, l’espace de quelques instants, dans un environnement fait de choses simples, directes, sans stress ou choc de dernière minute.

C’était tout bête, mais ça m’a fait ma soirée !

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