Hindenburg

Le traitement médiatique de la catastrophe ferroviaire qui est survenue en Espagne la semaine dernière est l’illustration typique d’une société du « tout à l’écran » : l’accident a été filmé par une caméra de surveillance, et il n’a fait aucun doute qu’il fallait diffuser cette vidéo le plus largement possible.

Images effrayantes de par la catastrophe et les dizaines de morts, mais aussi par leur aspect familier : on a déjà finalement tous vu des images comme celles-ci dans des films catastrophe, avec des effets spéciaux plus ou moins réussis.

Une expo vue ce week-end, et en particulier un des films projetés, m’a permis de me souvenir que la première des catastrophes filmées connues était celle de l’aéronef Hindenburg. Le hasard avait fait que l’accident avait eu lieu sous le regard des caméras (curieux temps où l’on pouvait se balader tranquillement au dessus du New Jersey avec des drapeaux nazi…). Cet accident n’avait fait « que » 35 morts (il y a d’ailleurs eu, je l’ignorais, un grand nombre de survivants), mais on s’en souvient encore clairement aujourd’hui, essentiellement grâce à son côté très visuel.

Il y a eu, avant l’Hindenburg, plusieurs accidents de dirigeables, dont le R101 britannique, qui fit bien plus de morts… mais sans caméra. Qui se souvient aujourd’hui du R101 ?

Cette fascination, ce côté presque hypnotisant de la mort vue en direct, est quelque chose qui m’interpelle et me fait froid dans le dos. Certes, on ne voit « que » des machines, mais le spectacle en ferait presque oublier qu’il s’agit de vies humaines derrière tout ça, pas de cinéma…

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