Get a (second) life

Ca y est, c’est officiel, je suis un vieux con !

On peut me reprocher beaucoup de choses, mais difficilement de ne pas être un Internaute averti, aux aguets des nouvelles technologies et curieux de tout ce qui se passe. Et pourtant, ça y est, c’est arrivé, à 33 ans et quelques mois : je suis largué !

J’en ai pourtant passé, des modes, des vagues, depuis mes premiers pas sur Minitel jusqu’au Web 2.0 au sujet duquel j’essaie d’exercer mon activité de consultant et de conseil. Mais alors, là, franchement, j’y arrive plus.

De quoi parle-je depuis le début ? Eh bien, de Second Life, le gros truc à la mode du moment. Je pourrais tenter de vous en faire une présentation, mais je préfère que vous vous reportiez au très bon article introductif de Stephanie Booth, ou, si vous préférez la vidéo et la langue française, cette récente présentation au Journal de 20h de TF1, rien que ça !

En gros, c’est une sorte d’univers parallèle, dans lequel on se crée un personnage virtuel, que l’on balade ensuite à la rencontre de lieux et de personnages qui sont tous en fait les avatars de gens qui sont en train de les diriger via leur ordinateur. Ya de tout, y compris de l’argent (réel, lui), des pubs, des entreprises, des parti politiques…

Et…ben, désolé, j’adhère pas. Pour moi, c’est un mauvais Lara Croft, où l’on se retrouve avec la contrainte de diriger un personnage à la recherche plus ou moins aléatoire d’information, là ou pour moi le net devrait être un outil permettant d’accélerer cette recherche. Mais, se balader, et tomber au hasard sur des rencontres, des événements, des infos, c’est se rapprocher de « la vraie vie », non ? Ouais, peut être, mais dans ce cas, vous me permettrez de préférer justement la vraie vie, avec les odeurs, les sensations, les images, les plaisirs qu’on n’obtiendra jamais dans cette immersion là.

Ca me fait très bizarre, car, comme je le dit en introduction de cet article, c’est la première fois que je n’arrive pas à « tilter » en découvrant une nouvelle brique de cet immense univers qu’est Internet. Mais pour moi, on franchit là une ligne jaune qui me déplait plutôt. On oublie que l’informatique est un OUTIL, un « vélo pour l’esprit » comme l’ont dit certain. Là, on passe du stade de l’outil, certes très perfectionné, à l’informatique en tant que fin en soi. Et, désolé, pour moi, c’est trop.

Si je veux m’immerger dans un autre univers, je lance un jeu vidéo, ou, mieux, je lis un livre. Second Life me donne l’impression de vouloir reproduire en mieux, en plus facile, en moins intimidant, ce qu’on n’arrive pas à obtenir dans sa vraie vie à soi. Et, même si je suis un Internaute plus qu’accro, je n’ai pas envie de cet ersatz là.

Je reste d’autant plus halluciné et presque inquiet de voir à quel point ça devient le truc par lequel il faut passer, le lieu où les politiques doivent être, où les conférences, les débats doivent se faire. Vous n’avez qu’à écouter la « sociologue » à la fin du reportage sur TF1, s’extasier devant les possibilités offertes par ce genre de site, de reproduire en macro les comportements humains, d’interchanger les rôles, etc… Et le recul dans tout ça ? Et le déni de sa propre personnalité ? Et la schizophrénie de préférer apparaître derrière son avatar, beau, intelligent, musclé, mince, plutôt que dans sa vraie vie forcément plus terne ?

Peut être que j’arriverai un jour à m’y faire, mais je crois que je vais plutôt m’habituer à ma nouvelle casquette de vieux con, qui préfèrera toujours la malice d’un regard, le plaisir de l’observation, le goût d’un café où d’un « verre de l’amitié » suivant un débat, à un alignement d’avatars pixellisés sur un écran en train de lire des bulles s’afficher au dessus d’un personnage virtuel censé représenter une discussion.

Et vous, Second Life, vous avez essayé ?

7 Comments

  1. Répondre
    jathenais 18 février 2007

    MA Second Life, elle est là où tu arrives en cliquant sur mon nom, et c’est peut-être elle ma première vie en fin de compte, puisque c’est le seul endroit où je peux être moi-même et éviter les faux semblants, puisque les gens que j’ai connu par ce biais là sont à peu près tous réels, et véritablement, physiquement, entrés dans ma vie (à part toi, mais on joue de malchance, je crois qu’on habite trop près pour y arriver 😀 ).
    Mais aller me donner l’air d’une jeune bombasse hyper sexy, me construire la maison écolo de mes rêves, me trouver un amant fabuleux, et fabuleusement beau, et naturellement richissime, faudra bien qu’il finance mes fausses folies en vrai sous… oui, ça c’est une autre question.
    Je suis déjà pas pour WOW et autres jeux un peu trop prenants à mon goût (interdit à la marmaille ici, d’ailleurs), mais là, en effet, c’est du vrai grand n’importe quoi.
    Ce que ça doit coûter, je préfère le mettre dans un resto, la cantine de mes gosses, un autre pot de peinture pour la salle de bain, ou des tickets de train pour un WE, ou le concert de Police, ou un nouveau mac (je n’ai aucune idée des proportions, je ratisse large)., bref, des vrais trucs que je peux éventuellement partager avec mes vrais zamis de la toile.

    Pas besoin d’un jeu pour partager un café, même dans mon absence de vie, j’y arrive, fut ce via ma caméra avec un ami lointain que les kilomètres m’empêche de retrouver dans le bistrot du coin…

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    MacDiver 18 février 2007

    Personnellement, je suis sur World Of Warcraft (Wow pour les intimes) qui est aussi un jeu en ligne et massivement multi-joueurs.
    J’ai remarqué qu’il y avait effectivement des gens qui se créent un personnage virtuel à l’image de ce qu’ils auraient voulu être et surtout, qu’ils le jouent comme si c’était eux.
    Contrairement à Second Life, il n’y a pas de parti politique, de pub, etc car le but de ce jeu étant de gagner des niveaux en accomplissant des quêtes et de taper du méchant, facilité par le fait de se grouper avec d’autres joueurs en ligne.
    Tant le concept de Wow est ludique que celui de Second Life est tout autre. Il me rappelle plus le film Matrix qu’un jeu. A 26 ans, serai-je aussi un vieux con ?? Non, je ne pense pas, je serai plus de l’avis de Gidéhault.
    En tout les cas, comme observatoire de psychologie et d’économie, ce sont de très bon outils : on peut cerner le caractère d’une personne très vite (puisqu’elle n’a plus de tatou) et voir pourquoi un système économique fonctionne ou pas. Nos candidats à la future élection devrait peut-être y jouer et nous fouettaient la paix dans notre vrai vie !

    Matrix n’est vraiment plus très loin, j’en suis persuadé…

    Sur ce, je vais aller chez mes vrais parents manger de la vrai nourriture dans la vrai vie après avoir taper sur de faux méchants dans un faux monde.

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    Olivier Davoust 20 février 2007

    ben moi je n’ai même pas pu aller jusque là à cause d’une configuration obsolète et une carte graphique non reconnue.

    je suis donc un sdf de Second life, mais c’est tendance ces jours ci.

    merci pour tes informations néanmoins, ca donne une idée de ce que ca doit etre

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    Loup solitaire (ou lubrique) 20 février 2007

    Pour avoir arpenter Second Life pendant des heure, je n’ai pas telement eu l’impression d’arpenter un monde "réel" virtuel. Certe on trouve des boutiques et le qg de certain parti politique. Mais pour tout vous dire, je n’ai fais que me balader et j’ai trouver:
    un phare avec des oeuvres d’art reproduis
    un chateau imense et touchant le ciel
    un vallée avec plein de maison habité par des tigres
    un laboratoire ou ils developpe une ile qui se developpe tout seul
    une party avec que des toons dans des sequoia géants
    un foutoir architecturale vraiment improbable
    jesus
    des ange, des demons, des sorciere des féers
    snoopy
    plein de fille qui proposent des service sexuelle
    une fille avec qui j’ai envie de sortir pour de vraix.

    Bref mon impression est que si c’est un univer, ce n’est pas un monde inspiré par la realité mais plus un univer onirique. Ce n’est pas tellement une second life: on ne connait pas la faim ni la soif on est pas fatigué et on peut meme voler a la facon peter pan (ce qui rajoute au coté onirique). Je raprocherai plus SL comme un chat geant avec des avatar en plus qu’on peut modeliser comme on veux.

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    Sév 21 février 2007

    Est-ce que second life va me permettre de connaitre mon essentiel, que vais-je trouver d’enrichissant ? en mon sens rien mis à part la frustration de vivre dans un monde virtuel. Alors je dis non, je veux être amoureuse, je veux manger du crumble réél, je veux boire une bonne bière, je veux sentir le soleil et le sable sur ma peau … je veux vivre quoi !

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    orlane 25 février 2007

    C’est étonnant votre rejet de Seconde Life, surtout quand vous indiquez votre âge, 33 ans. Et bien, pour ma part, je suis le contraire de vous – mais je respecte votre point de vue bien entendu – en juin prochain je vais en avoir 60 ans et c’est la première fois où un jeu me plaît. Pour moi, c’est effectivement onirique, un monde d’imaginaire – il y a de superbes choses, de l’art, de la musique, des demeures, des mondes virtuels étonnants – qui me plaît et que je ne confonds pas avec la vraie vie. Surtout pas d’ailleurs. Car dans la vraie vie, je travaille avec l’ordinateur, je fais de la musique avec, depuis 1981 (Apple II et +), je fais mes revues de presse avec le Web2, bref, l’informatique en outil, mais là, c’est autre chose, c’est différent. Mais c’est vrai que j’adore voler sur des mondes que je ne connais pas.

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    Noir Dreuhwy 27 février 2007

    J’ai decouvert SL ce week-end. J’ai comme toi 33 ans et des bananes, et je suis enthousiasmé par ce truc.
    ça me rappelle un peu les legos de notre enfance : c’est open, ça ne ressemble qu’à ce que tu y apportes et ce que tu veux y voir.
    Pour moi, c’est un peu une sur-couche d’internet, peut-être plus riche qu’un blog pour y "exister".

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